L’esprit du covoiturage, par Bastien Sibille

Il y a un esprit du covoiturage qui transforme nos trajets en moments rares d’humanité, d’apesanteur et de rock’n’roll. On me demande souvent de quoi cet esprit est fait… Voici, librement, quatre pistes.

L’hypnose de la route. Le vrombissement du moteur, sa chaleur. La musique. La route qui défile en paysages urbains, campagnes, ciels. On se laisse aller. On partage avec ses voisins des impressions, des idées, des convictions qu’on garde habituellement pour soi. La route produit une ivresse légère dans laquelle naissent des conversations et des confidences inattendues.

S’ouvrir à l’inconnu. Nos vies sont construites pour nous protéger contre l’imprévu. Accepter dans sa voiture un, une, des inconnu-e-s, c’est décider de s’ouvrir à l’inattendu. En prenant le “risque” du covoiturage, on court surtout la chance de l’altérité, de nous enrichir de l’autre, de découvrir des mondes dont nous sommes, par notre quotidien, éloignés. En un mot : rencontrer l’inconnu.

Le temps partagé. Quand je veux dire quelque chose d’important à un ami, je l’emmène marcher. Pourquoi ? D’abord parce que le mouvement protège des perturbations extérieures. Ensuite parce que lorsqu’on marche, on n’est pas face au regard de l’autre et cela facilite l’expression sensible. Le temps qu’on partage avec son voisin lors d’un covoiturage a la même qualité que celui de la marche : c’est un temps idéal, rare, précieux pour l’échange et la conversation.

Des distances et des vies. On ne voyage jamais pour rien. Parcourir une longue distance s’inscrit toujours dans un moment singulier. On ne roule pas 300 km pour acheter du pain. On roule 300 km pour aller voir des amis qu’on n’a pas vus depuis longtemps, pour découvrir un pays inconnu, pour s’évader de son quotidien, pour déménager, pour enterrer une tante qu’on ne connaît pas… Les gens qui montent dans notre voiture pour un covoiturage montent souvent dans un moment particulier de notre vie, un moment propice à l’échange.

Voilà ce qui fait pour moi l’esprit du covoiturage. Battons-nous pour que cet esprit reste libre car se joue dans cette bataille bien plus que le covoiturage : le respect du geste solidaire, la liberté dans le mouvement, l’ouverture à l’autre.

Bastien Sibille, président de Covoiturage-libre.fr

A suivre sur @BastienSibille

[Photo Bastien Sibille]

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Une réflexion au sujet de « L’esprit du covoiturage, par Bastien Sibille »

  1. il a beaucoup de tout cela dans le covoiturage ( libre ? ° ) , certes , et plus encore lorsqu il n y pas d engagement de carte bancaire , , id est ; imaginez la surprise de quelques uns lorsque j annonce a l arrivee que cest gratuit , !!!
    et la tete des autres dans la caisse qui ont paye sur bla bla … sourires .

    post scriptum: se reserver le droit d aider des gens dans la difficulté est pour moi essentiel dans le covoit lib .

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